Pourquoi ai-je du mal à me reposer sans culpabiliser ? Quand ne rien faire devient inconfortable

Pendant longtemps, me poser n’était pas forcément me reposer. Je pouvais m’asseoir et déjà penser à ce qu’il restait à faire. Le ménage, les enfants, les papiers, le travail, quelqu’un à aider, quelque chose à organiser. Et lorsque, enfin, je ne faisais rien, une sensation étrange pouvait apparaître : je devrais être en train de faire quelque chose. Comme si être utile était plus naturel que simplement être là.

On peut appeler cela être active, courageuse, organisée, incapable de rester en place. Mais parfois, derrière cette difficulté à s’arrêter, il y a autre chose. Parce que lorsque l’on a appris très tôt à s’adapter, à surveiller, à tenir et à mériter sa place, le repos lui-même peut devenir inconfortable.

Enfant, je n’ai pas appris que la vie était toujours un endroit où l’on pouvait se relâcher

Pendant les sept premières années de ma vie, j’ai connu les placements à l’ASE et en famille d’accueil.

Des lieux différents.

Des personnes différentes.

Des règles différentes.

Il fallait s’adapter.

Comprendre comment fonctionnait chaque nouvel endroit.

Puis ma mère m’a récupérée.

Mais avec mon beau-père alcoolique, je n’ai pas retrouvé cette sécurité qui permet à un enfant de simplement être un enfant.

J’ai connu les violences physiques.

Psychologiques.

Les cris.

Le mépris.

Et les attouchements sexuels.

Dans un environnement comme celui-là, être attentive à ce qui se passe autour de soi peut devenir naturel.

Se reposer demande pourtant une chose essentielle : se sentir suffisamment en sécurité

Pour fermer les yeux, relâcher les épaules et ne plus surveiller ce qui nous entoure, il faut pouvoir croire pendant un moment que rien ne nécessite notre attention.

Cela paraît évident lorsque nous sommes adultes.

Mais le corps ne fonctionne pas toujours uniquement à partir de ce que nous savons.

Nous pouvons être dans notre canapé.

Chez nous.

La porte fermée.

Tout va bien.

Et pourtant ne pas réussir à réellement nous poser.

Alors nous nous relevons.

Nous trouvons quelque chose à faire.

Et parfois, nous disons simplement :

« Je ne sais pas rester sans rien faire. »

Faire peut devenir une manière de tenir

Il y a toujours quelque chose à faire.

C’est pratique.

Ranger.

Nettoyer.

Travailler.

S’occuper des enfants.

Répondre aux messages.

Préparer demain.

Aider quelqu’un.

Faire nous occupe.

Et lorsque nous sommes occupés, il reste moins de place pour certaines pensées ou certaines émotions.

Je ne crois pas avoir consciemment décidé :

« Je vais m’occuper pour ne pas ressentir. »

Ce serait beaucoup trop simple.

Mais avec le recul, je sais qu’être toujours dans l’action peut aussi empêcher certaines choses de remonter.

Parce que le silence laisse davantage de place à ce qui est en nous.

Parfois, c’est précisément lorsque tout s’arrête que l’on commence à sentir

Toute la journée, ça va.

On travaille.

On parle.

On court.

On gère.

Puis vient le soir.

Enfin le silence.

Et là, quelque chose arrive.

Une tristesse.

Une angoisse.

Un vide.

Une pensée que nous avions réussi à tenir loin pendant toute la journée.

Alors nous reprenons notre téléphone.

Nous regardons une série.

Nous trouvons quelque chose à faire.

Encore.

Pas forcément parce que nous refusons consciemment de regarder ce que nous ressentons.

Mais parce que l’activité est parfois plus confortable que la rencontre avec soi.

J’ai longtemps été quelqu’un qui donnait beaucoup

Dans mes relations, je pouvais materner.

Gérer énormément à la maison.

Prendre soin de l’homme avec qui j’étais.

Donner beaucoup d’amour.

Être celle qui fait.

Celle qui pense à tout.

Celle qui s’occupe.

Et lorsque l’on construit une partie de sa place autour de ce que l’on fait pour les autres, s’arrêter peut devenir étrange.

Si je ne fais rien pour personne, quelle est ma place ?

Si personne n’a besoin de moi, à quoi est-ce que je sers ?

La question peut sembler brutale.

Mais parfois, notre besoin d’être utile cache aussi un besoin d’être nécessaire.

Être utile et avoir de la valeur ne sont pourtant pas la même chose

Cela m’a demandé du temps.

Je peux rendre service parce que j’en ai envie.

Je peux prendre soin de quelqu’un parce que je l’aime.

Je peux travailler beaucoup parce qu’un projet me passionne.

Mais ma valeur ne devrait pas disparaître au moment où je m’assois.

Je ne deviens pas moins importante parce que je ne suis utile à personne pendant une heure.

Je ne dois pas nécessairement mériter mon repos.

Et pourtant, combien de fois attendons-nous d’être épuisés pour nous autoriser à nous arrêter ?

« Je me reposerai quand j’aurai fini »

Cette phrase paraît logique.

Le problème, c’est que nous n’avons jamais fini.

Il restera toujours quelque chose.

Une lessive.

Un mail.

Un rendez-vous.

Une pièce à ranger.

Un appel.

Quelque chose à préparer.

Alors le repos devient la récompense que nous nous promettons après une liste qui ne se termine jamais.

Et parfois, le corps finit par imposer ce que nous ne nous autorisons pas.

Nous sommes épuisés.

Nous n’avons plus d’énergie.

Et seulement là, nous acceptons enfin de nous arrêter.

Mais ce n’est plus réellement du repos choisi.

C’est un arrêt forcé par la fatigue.

Il existe aussi cette culpabilité lorsque l’autre travaille et que nous nous reposons

Cela peut être très simple.

Notre conjoint fait quelque chose.

Et nous sommes assis.

Alors une petite voix apparaît :

« Je devrais peut-être l’aider. »

Même s’il ne nous a rien demandé.

Même si nous avons déjà beaucoup fait.

Même si nous sommes fatigués.

Pourquoi ?

Parce que voir quelqu’un agir pendant que nous ne faisons rien peut parfois nous mettre mal à l’aise.

Comme si notre droit au repos devait être identique à celui des autres.

Comme si nous devions pouvoir justifier chaque moment où nous ne produisons rien.

Cette logique peut nous suivre au travail

Il faut montrer que l’on fait.

Être efficace.

Disponible.

Répondre rapidement.

Ne pas sembler paresseux.

Et lorsque l’on manque déjà de confiance en soi, le travail peut devenir un endroit où nous essayons de prouver notre valeur par notre activité.

Alors nous faisons plus.

Nous acceptons.

Nous voulons montrer que l’on peut compter sur nous.

Et parfois, nous ne savons plus distinguer :

« J’aime être investie dans mon travail »

de :

« J’ai besoin de travailler beaucoup pour avoir le sentiment de mériter ma place. »

Ce n’est pas la même chose.

Même les vacances peuvent devenir fatigantes

Il faut visiter.

Sortir.

Profiter.

Faire quelque chose.

Une journée sans programme peut presque sembler perdue.

Et si nous restons à ne rien faire :

« On aurait quand même pu… »

Pourquoi ?

Pourquoi faut-il toujours remplir ?

Peut-être simplement parce que nous aimons découvrir et bouger.

Mais parfois, ralentir crée un espace auquel nous ne sommes pas habitués.

Et cet espace peut être inconfortable.

Puis il y a les enfants

Lorsque nous devenons parents, le repos devient encore plus compliqué.

Il y a réellement beaucoup à faire.

Et je le sais.

Mais notre propre histoire peut ajouter une couche supplémentaire.

Nous voulons être présents.

Bien faire.

Ne rien oublier.

Donner à nos enfants ce que nous n’avons pas eu.

Alors nous pouvons vouloir être disponibles tout le temps.

Et lorsque nous prenons une heure pour nous, la culpabilité arrive.

« Je devrais être avec eux. »

Mais que transmettons-nous à nos enfants si nous ne nous autorisons jamais à nous arrêter ?

Nos enfants apprennent aussi en nous regardant nous reposer

C’est quelque chose auquel on pense moins.

Nous leur apprenons à travailler.

À ranger.

À respecter leurs obligations.

À faire leurs devoirs.

Mais leur montrons-nous aussi qu’un être humain a le droit de se poser ?

Qu’il n’a pas besoin d’être productif chaque minute ?

Qu’il peut écouter sa fatigue ?

Qu’il peut dire :

« Aujourd’hui, j’ai besoin de me reposer. »

Sans avoir honte.

Un enfant qui voit un parent respecter ses propres limites apprend peut-être aussi quelque chose de précieux :

prendre soin de soi fait partie de la vie.

Se reposer n’est pas abandonner les autres

J’ai dû apprendre cette différence.

Parce que lorsque nous sommes habitués à prendre soin, nous pouvons avoir l’impression que nous laissons tomber quelqu’un dès que nous pensons à nous.

Mais je peux aimer mes enfants et avoir besoin d’un moment seule.

Je peux aimer mon conjoint et ne pas être disponible chaque seconde.

Je peux être une personne généreuse et parfois dire :

« Pas maintenant. »

Je peux être fatiguée sans devoir expliquer pourquoi ma fatigue est suffisamment légitime.

Parfois, notre corps demande depuis longtemps ce que nous refusons d’entendre

Une fatigue persistante.

Des épaules tendues.

La mâchoire serrée.

Cette sensation de ne jamais vraiment redescendre.

Bien sûr, ces sensations peuvent avoir de nombreuses causes, y compris médicales.

Une fatigue inhabituelle ou persistante mérite d’être discutée avec un professionnel de santé.

Mais nous savons aussi ce que signifie vivre constamment dans l’action.

Le corps participe à ce rythme.

Et parfois, même lorsqu’on lui offre enfin du repos, il ne sait pas immédiatement comment se relâcher.

On peut être allongé et rester intérieurement debout

C’est peut-être l’image qui correspond le mieux.

Le corps est sur le canapé.

Mais la tête organise demain.

Nous pensons au travail.

Aux enfants.

À ce qu’il reste à faire.

À ce que nous aurions dû dire.

À cette personne qu’il faut rappeler.

Physiquement, nous ne bougeons plus.

Mais intérieurement, nous courons encore.

Alors le repos ne dépend pas seulement de l’absence de mouvement.

Il y a aussi cette capacité à laisser quelque chose redescendre.

C’est là que je parle de mémoire du corps

Je n’utilise pas cette expression pour prétendre que notre histoire serait enfermée dans un muscle précis.

Pour moi, la mémoire du corps, c’est aussi observer que certaines façons de fonctionner peuvent continuer à se manifester corporellement.

Être constamment prête.

Tendue.

Dans l’action.

Avoir du mal à lâcher.

Notre esprit peut dire :

« Tout va bien, tu peux te reposer. »

Et pourtant, le corps semble encore attendre quelque chose.

C’est cette rencontre entre le corps et l’esprit qui a pris une place importante dans mon propre parcours.

Puis j’ai rencontré cet homme

Il pratiquait une méthode ancestrale de massage.

Avant de me l’enseigner, il me l’a fait recevoir.

Et cette fois, je n’avais rien à faire.

C’est simple à écrire.

Mais pour quelqu’un habitué à beaucoup donner, cela peut être particulier.

Je n’avais personne à materner.

Rien à ranger.

Rien à organiser.

Aucun résultat à produire.

Je pouvais simplement être allongée.

Recevoir.

Sentir.

Respirer.

Et laisser quelqu’un prendre soin de moi.

Recevoir peut être plus difficile que donner

Donner nous place dans l’action.

Nous savons quoi faire.

Recevoir demande autre chose.

Accepter de ne pas contrôler entièrement.

Ne pas rendre immédiatement.

Ne pas devoir mériter ce que nous recevons.

Simplement laisser faire.

Cette méthode a participé à mon propre cheminement parce qu’elle m’a aussi confrontée à cela :

est-ce que je sais recevoir autant que je sais donner ?

Puis cet homme m’a transmis sa méthode.

J’y ai associé mon magnétisme

C’est ainsi que s’est construite progressivement mon approche avec CRYSALYA.

La méthode de massage qui m’a été transmise.

Mon magnétisme.

Mon ressenti.

Et cette recherche d’une harmonie entre le corps et l’esprit.

Le massage crée justement un moment où il n’y a rien à accomplir.

La personne peut recevoir.

Le corps peut se poser.

Le toucher et le relâchement corporel prennent leur place tandis que j’y associe ma pratique du magnétisme.

Je ne cherche pas à forcer quelque chose.

Je travaille avec ce qui est là.

Un massage ne règle évidemment pas tout

Je ne prétends pas qu’une séance puisse traiter à elle seule une anxiété, un épuisement professionnel, un traumatisme ou une difficulté psychologique.

Lorsqu’une fatigue est importante ou persistante, lorsqu’il existe un mal-être psychologique ou une souffrance particulière, un accompagnement médical ou psychologique adapté peut être nécessaire.

CRYSALYA est une approche corporelle complémentaire.

Mais je sais ce que cette expérience de recevoir et de laisser mon corps se poser a représenté dans mon propre cheminement.

C’est aussi pour cela que je la transmets aujourd’hui.

J’ai appris que je n’avais pas besoin d’attendre l’épuisement pour m’arrêter

C’est encore un apprentissage.

Parce que nos anciens fonctionnements ne disparaissent pas simplement parce que nous les avons compris.

Mais aujourd’hui, je peux essayer d’entendre plus tôt.

Je suis fatiguée.

Alors peut-être que je peux me poser.

Pas quand tout sera terminé.

Maintenant.

Je n’ai rien d’urgent à faire.

Alors peut-être que je peux simplement ne rien faire.

Sans chercher immédiatement une tâche.

Sans transformer chaque minute disponible en quelque chose de productif.

Ne rien faire peut aussi être quelque chose

Regarder dehors.

Boire un café tranquillement.

Marcher sans objectif.

S’allonger.

Écouter de la musique.

Respirer.

Ce n’est pas du temps perdu.

Notre vie ne se mesure pas uniquement à tout ce que nous avons réussi à accomplir pendant la journée.

Cette idée paraît simple.

Mais pour certaines personnes, la vivre est beaucoup plus difficile que la comprendre.

Peut-être que toi aussi tu ne sais jamais t’arrêter

Tu ranges lorsque tout est déjà rangé.

Tu cherches toujours ce qu’il reste à faire.

Tu t’occupes des autres.

Tu culpabilises lorsque tu te poses.

Tu attends d’être épuisé pour t’autoriser à ralentir.

Ou tu t’assois enfin, mais ta tête continue de courir.

Je ne sais pas pourquoi.

Peut-être que tu es simplement quelqu’un de très actif.

Mais si cette impossibilité à t’arrêter te pèse, tu peux peut-être te poser une question :

« Qu’est-ce que je ressens lorsque je ne fais plus rien ? »

Pas ce que tu penses.

Ce que tu ressens.

De l’ennui ?

De la culpabilité ?

Du vide ?

De l’agitation ?

Une sensation de perdre ton temps ?

Ou peut-être quelque chose que l’activité te permet habituellement de ne pas entendre ?

L’enfant que j’étais a appris à tenir

Elle s’est adaptée.

Elle a observé.

Elle a continué.

Et la femme que je suis devenue a beaucoup fait à son tour.

Pour les autres.

Pour ses relations.

Pour ses enfants.

Pour avancer.

Je ne veux pas retirer cette force de mon histoire.

Elle m’a permis d’être là aujourd’hui.

Mais être forte ne signifie pas devoir être en mouvement tout le temps.

Parfois, la force peut aussi être de s’arrêter.

Et de découvrir que rien ne s’écroule.

C’est cette difficulté à s’arrêter que je connais

Faire.

Donner.

Gérer.

S’occuper.

Puis comprendre progressivement que notre valeur ne dépend pas de tout ce que nous faisons.

Je ne connais pas cela seulement à travers des livres.

Je l’ai vécu.

C’est pour cela que CRYSALYA s’oriente vers les blessures de l’enfance et ce qu’elles peuvent encore faire résonner dans toutes les dimensions de notre vie adulte : nos relations, notre travail, notre parentalité et même notre capacité à simplement nous reposer.

À travers la méthode de massage qui m’a été transmise et mon magnétisme, je propose une approche corporelle autour de cette recherche d’harmonie entre le corps et l’esprit.

Je reçois au Poiré-sur-Vie, près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Des personnes peuvent également venir de Montaigu-Vendée, du secteur du Puy du Fou, des Sables-d’Olonne, des communes environnantes ou choisir de se déplacer depuis Nantes lorsqu’elles se reconnaissent dans cette approche.

Je ne sais pas pourquoi tu as tant de mal à t’arrêter.

Je ne sais pas ce qui apparaît lorsque tu ne fais plus rien.

Je ne sais pas ce que ton corps porte encore aujourd’hui.

Alors viens, et nous verrons cela ensemble.

Sandy — CRYSALYA
Le massage de libération de la mémoire du corps
Le Poiré-sur-Vie — près de La Roche-sur-Yon — Vendée