Pourquoi ai-je toujours besoin de tout recommencer ailleurs ? Quand changer de vie devient une façon de fuir

J’ai beaucoup déménagé dans ma vie. J’ai changé plusieurs fois de travail. Et un jour, j’ai même tout quitté pour partir vivre seule au Canada, loin de ma famille et de mes amis. J’aimais cette sensation de nouveau départ. Un nouvel endroit, de nouvelles personnes, une nouvelle vie et cette impression que, cette fois, quelque chose allait enfin changer. Recommencer ailleurs peut être magnifique. Cela peut demander du courage et nous permettre de nous découvrir autrement.

Mais avec le temps, j’ai aussi compris quelque chose de moins confortable : parfois, je ne partais pas seulement vers quelque chose. Je partais aussi loin de quelque chose. Et le problème, c’est que lorsque ce quelque chose se trouve en nous, il voyage avec nous.

Très jeune, j’ai appris que les lieux pouvaient changer

Pendant les sept premières années de ma vie, j’ai été placée à l’ASE et en famille d’accueil.

J’ai connu différents endroits.

Différentes personnes.

Différentes règles.

Il fallait s’adapter.

Puis recommencer.

Pour un enfant, changer de lieu n’est pas simplement changer de décor.

Il faut comprendre où l’on arrive.

Qui sont ces personnes.

Comment elles fonctionnent.

Ce que l’on attend de nous.

Où est notre place.

Puis parfois, au moment où quelque chose devient familier, tout peut encore changer.

Je ne choisissais pas ces changements.

Ils faisaient partie de ma vie.

Peut-être que j’ai appris très tôt à recommencer

Je ne peux pas affirmer que tous mes déménagements d’adulte viennent de mes placements d’enfant.

Une vie humaine est beaucoup plus complexe que cela.

Mais lorsque j’ai commencé à regarder mon parcours dans son ensemble, j’ai remarqué quelque chose.

Le changement m’était familier.

Partir.

Arriver ailleurs.

M’adapter.

Reconstruire quelque chose.

Puis repartir.

Il y avait presque une forme de mouvement permanent.

Comme si rester longtemps au même endroit était finalement moins naturel pour moi que recommencer.

Quand ma mère m’a récupérée, je pensais peut-être enfin être arrivée quelque part

Mais le retour n’a pas apporté la sécurité dont j’avais besoin.

Mon beau-père était alcoolique.

J’ai connu les violences physiques.

Les cris.

Le mépris.

La violence psychologique.

Et les attouchements sexuels.

Alors même lorsque j’étais chez moi, je ne me sentais pas forcément dans cet endroit intérieur où l’on peut simplement se poser.

J’étais souvent sur la défensive.

J’en voulais à la terre entière.

J’avais appris à m’adapter, mais pas forcément à me sentir en sécurité quelque part.

Et peut-être qu’une partie de mon histoire avec les départs commence aussi là.

Partir donne une sensation particulière

Il y a quelque chose de très puissant dans un nouveau départ.

Les cartons.

La route.

Une nouvelle maison.

Un nouveau travail.

Des personnes qui ne nous connaissent pas encore.

Pendant quelque temps, tout semble possible.

Personne ne connaît nos anciennes erreurs.

Nos anciennes relations.

Nos habitudes.

Nous pouvons presque avoir l’impression de devenir quelqu’un d’autre.

Je connais cette sensation.

Et je comprends pourquoi elle peut faire du bien.

Parce que lorsque le présent est lourd, l’ailleurs devient facilement une promesse.

Là-bas, ce sera différent.

J’ai beaucoup cherché ce renouveau

J’ai déménagé de nombreuses fois.

J’ai également été instable professionnellement.

Lorsqu’un conflit apparaissait au travail, je pouvais changer rapidement.

Nouveau travail.

Nouvelle équipe.

Nouveau départ.

Au début, tout allait mieux.

Il y avait la découverte.

L’énergie du changement.

Cette sensation de repartir à zéro.

Mais repartir à zéro ne signifie pas forcément avoir réglé ce qui nous avait donné envie de partir.

Et parfois, après quelques mois ou quelques années, certaines sensations revenaient.

Pas nécessairement parce que le nouvel endroit était mauvais.

Mais parce que moi, j’étais toujours là.

Avec mon histoire.

Nous pouvons changer de décor sans changer ce que nous portons

C’est probablement ce que j’ai mis le plus de temps à comprendre.

On peut changer de maison.

De ville.

De travail.

De conjoint.

D’amis.

Même de pays.

Mais nous arrivons dans le nouvel endroit avec nous-mêmes.

Nos peurs viennent avec nous.

Notre manque de confiance aussi.

Notre besoin d’être aimé.

Nos blessures.

Nos habitudes relationnelles.

Notre manière de réagir.

Pendant quelque temps, la nouveauté peut masquer tout cela.

Puis la vie quotidienne revient.

Et avec elle, parfois, les mêmes difficultés.

J’ai aussi recommencé dans mes relations

Plusieurs relations sérieuses.

Des histoires différentes.

Des hommes différents.

Et pourtant, certaines choses semblaient se répéter.

Je donnais beaucoup.

Je cherchais la stabilité.

Je pouvais materner.

M’oublier.

M’attacher rapidement.

Et parfois accepter beaucoup trop.

Alors le problème ne pouvait pas toujours être uniquement la personne précédente.

Cela ne signifie évidemment pas que j’étais responsable du comportement des hommes que j’ai rencontrés.

Encore moins des violences que j’ai subies.

Mais j’ai commencé à regarder ce qui, moi, voyageait d’une relation à l’autre.

Mes besoins.

Mes peurs.

Mes limites.

La manière dont je choisissais.

La manière dont je restais.

Et tout ce que je n’avais pas encore compris de moi.

Un nouveau départ peut être nécessaire

Je veux être claire sur ce point.

Partir n’est pas forcément fuir.

Parfois, partir est exactement ce qu’il faut faire.

Quitter une relation violente.

Changer un travail qui nous détruit.

S’éloigner d’un environnement qui ne nous convient plus.

Déménager parce que nous avons envie d’une autre vie.

Voyager.

Découvrir.

Tout cela peut être profondément sain.

Je ne regrette pas tous mes départs.

Certains m’ont sauvée.

D’autres m’ont construite.

Et l’un d’eux m’a particulièrement marquée.

Un jour, je suis partie seule au Canada

J’en avais marre.

J’ai tout quitté.

Je suis partie vivre seule au Canada.

Loin de mes amis.

Loin de ma famille.

Cette fois, il y avait aussi une question derrière mon départ :

« De quoi suis-je capable lorsque je n’ai plus tout mon entourage autour de moi ? »

Et cette expérience a été importante.

Parce que partir peut aussi être une rencontre.

Quand on enlève une partie de ce qui nous entoure habituellement, on se retrouve davantage face à soi.

Il faut se débrouiller.

Trouver des solutions.

Créer de nouveaux repères.

Affronter la solitude parfois.

Et découvrir que l’on est capable de choses que l’on ne pensait pas pouvoir faire.

Le Canada ne m’a pourtant pas débarrassée de mon histoire

J’étais toujours moi.

La petite fille abandonnée n’avait pas disparu à l’aéroport.

Les violences vécues n’étaient pas restées en France.

Mon manque de confiance n’avait pas besoin de passeport.

Mon besoin d’être aimée non plus.

C’est là toute la différence entre changer de vie et croire que le changement extérieur va automatiquement transformer tout ce qui se passe à l’intérieur.

Un voyage peut bouleverser une vie.

Mais il ne fait pas nécessairement disparaître ce que nous n’avons pas encore regardé.

J’ai connu aussi des moments où je voulais simplement que tout s’arrête

Il y a eu des périodes beaucoup plus sombres.

Je pouvais chercher à me détruire à travers l’alcool.

À travers des garçons dont je n’avais pas forcément envie.

J’ai également connu les scarifications.

Dans ces moments-là, je ne cherchais plus seulement un nouvel endroit.

Je cherchais parfois à ne plus ressentir ce que je ressentais.

À remplir quelque chose.

À faire taire ce qui faisait trop mal.

C’est une autre forme de fuite.

On ne prend pas toujours une voiture ou un avion pour fuir.

Parfois, on reste exactement au même endroit et l’on cherche simplement un moyen de ne plus être présent à ce que l’on ressent.

Fuir soulage parfois réellement

C’est important de le reconnaître.

Si la fuite ne procurait jamais aucun soulagement, nous ne recommencerions probablement pas.

Changer d’endroit peut faire respirer.

Boire peut momentanément faire oublier.

Se jeter dans une relation peut remplir un vide pendant quelque temps.

Travailler énormément peut empêcher de penser.

Le problème n’est pas forcément le soulagement immédiat.

Le problème apparaît lorsque ce soulagement devient notre seule manière de ne pas rencontrer ce qui revient.

Parce qu’une fois l’effet passé, ce que nous voulions éviter peut être encore là.

J’ai longtemps cru que la prochaine étape changerait tout

Le prochain travail.

Le prochain appartement.

La prochaine relation.

Le prochain endroit.

Cette idée peut devenir une promesse permanente.

Quand j’aurai changé cela, j’irai mieux.

Et parfois, c’est vrai.

Notre environnement influence réellement notre bien-être.

Mais parfois, nous changeons l’extérieur et nous retrouvons malgré tout la même sensation quelques mois plus tard.

Alors nous cherchons encore quelque chose à changer.

Et si, cette fois, au lieu de demander uniquement :

« Où dois-je aller ? »

nous demandions aussi :

« Qu’est-ce que j’essaie de laisser derrière moi ? »

Cette question change beaucoup de choses

Parce qu’elle ne nous interdit pas de partir.

Elle nous invite simplement à regarder notre départ.

Est-ce que je vais vers quelque chose qui m’attire ?

Ou est-ce que j’essaie surtout d’échapper à quelque chose qui me fait mal ?

Les deux peuvent même être vrais en même temps.

Je peux avoir réellement envie d’une nouvelle vie et emporter avec moi une ancienne blessure.

Je peux changer de ville pour de bonnes raisons et découvrir ensuite que certains problèmes n’appartenaient pas à la ville.

Ils étaient en moi.

Ce n’est pas un échec.

C’est simplement une information.

Le plus difficile a été de comprendre que je ne pouvais pas déménager loin de moi-même

Cette phrase résume beaucoup de choses.

Où que j’aille, je suis là.

Avec mon histoire.

Mon corps.

Mes souvenirs.

Ma manière d’aimer.

Mes peurs.

Mes réactions.

Alors à un moment, il faut peut-être arrêter de chercher uniquement le prochain endroit et commencer à regarder la personne qui fait ses cartons.

Qu’est-ce qu’elle cherche ?

Qu’est-ce qu’elle fuit ?

Qu’est-ce qu’elle espère trouver ailleurs ?

Et surtout :

qu’est-ce qu’elle pourrait commencer à construire en elle ?

Devenir maman a changé ma manière de partir

Lorsque j’ai eu mes enfants, j’ai vécu une nouvelle relation difficile.

Je pensais avoir trouvé l’homme de ma vie.

Et pourtant, j’ai de nouveau connu la violence.

Cette fois, partir avait un autre sens.

Je ne cherchais pas simplement un renouveau.

Je devais protéger mes enfants.

Et me protéger.

Je suis allée au commissariat.

J’ai expliqué ce que je vivais.

J’ai pris contact avec SOS Femmes.

J’ai obtenu mon appartement.

Et je suis partie.

Ce départ-là était nécessaire.

Et il m’a appris quelque chose d’important :

il existe des départs qui sont des fuites et des départs qui sont des libérations.

Parfois même, un départ peut contenir un peu des deux.

Mais après être partie, il restait encore moi

C’est là que le véritable travail a commencé.

Je pouvais changer d’appartement.

Mais je ne voulais plus simplement recommencer le même scénario dans un nouveau décor.

Je devais regarder ce que j’avais vécu.

Pourquoi certaines relations m’attiraient.

Pourquoi je donnais autant.

Pourquoi j’avais si peur d’être abandonnée.

Pourquoi je manquais de confiance.

Pourquoi certaines limites étaient si difficiles à poser.

Je ne pouvais plus seulement demander à l’extérieur de changer.

Je devais aussi me rencontrer.

Et le corps faisait partie de cette rencontre

Parce que toute cette vie en mouvement avait aussi été vécue avec lui.

Les changements.

Les peurs.

Les départs.

Les violences.

Les recommencements.

Les moments où il fallait tenir.

Je pouvais comprendre énormément de choses avec ma tête.

Mais certaines réactions restaient présentes.

Des tensions.

Une vigilance.

Des sensations qui apparaissaient parfois avant même que j’aie réellement compris ce qui se passait.

C’est dans ce sens que j’utilise aujourd’hui l’expression mémoire du corps.

Je ne parle pas d’une mémoire cachée dans un muscle

Je préfère être claire.

Je ne prétends pas qu’un événement serait stocké précisément dans une partie du corps et qu’il suffirait de la masser pour l’effacer.

Je parle de quelque chose de beaucoup plus simple.

Nous vivons nos expériences avec notre corps.

La peur a une sensation.

Le stress aussi.

La sécurité aussi.

Et notre histoire peut participer à notre manière de réagir dans certaines situations présentes.

Parfois, nous avons changé toute notre vie extérieure.

Mais notre corps semble encore fonctionner comme s’il devait se préparer à quelque chose.

C’est cette rencontre entre ce que nous avons compris et ce que nous ressentons encore qui m’intéresse.

Puis j’ai rencontré un homme qui pratiquait une méthode ancestrale de massage

Cette fois, je n’avais pas besoin de partir quelque part.

J’avais besoin de m’arrêter.

Avant de me transmettre sa méthode, cet homme me l’a fait recevoir.

Et peut-être que ce qui m’a marquée se trouve aussi là.

Moi qui avais tant bougé.

Tant recommencé.

Tant cherché ailleurs.

Je pouvais simplement rester.

Recevoir.

Sentir.

Respirer.

Ne rien avoir à résoudre immédiatement.

Ne rien avoir à fuir.

Laisser mon corps se poser.

Cette expérience a eu une place importante dans mon cheminement.

Puis cet homme m’a transmis sa méthode.

J’y ai associé mon magnétisme

C’est ainsi que s’est construite progressivement l’approche CRYSALYA.

La méthode de massage qui m’a été transmise.

Mon magnétisme.

Mon ressenti.

Et cette recherche d’une harmonie entre le corps et l’esprit.

Le massage ne change pas notre passé.

Il ne décide pas à notre place si nous devons déménager, quitter un travail ou changer de vie.

Et je ne prétends pas qu’il puisse traiter à lui seul les conséquences psychologiques d’un traumatisme ou d’une enfance difficile.

Lorsqu’une souffrance psychologique nécessite un accompagnement, celui d’un professionnel qualifié peut être nécessaire.

Ma pratique se situe dans une approche corporelle complémentaire.

Un moment où, justement, il n’est pas nécessaire de courir vers l’étape suivante.

Aujourd’hui, je ne regarde plus tous mes départs de la même manière

Certains étaient magnifiques.

Certains étaient nécessaires.

Certains m’ont probablement permis de respirer.

Et certains étaient peut-être aussi une manière de croire qu’un nouvel endroit pourrait régler une ancienne douleur.

Je n’ai pas besoin de juger la femme que j’étais.

Elle cherchait.

Elle essayait.

Elle avançait comme elle pouvait.

Mais aujourd’hui, je peux me poser une question avant de vouloir tout changer :

« Est-ce que j’ai réellement besoin d’un nouveau départ, ou ai-je besoin de regarder ce qui revient avec moi à chaque nouveau départ ? »

Et parfois, la réponse est encore :

« Pars. »

Mais au moins, je sais davantage pourquoi.

Peut-être que toi aussi tu rêves souvent d’ailleurs

Un nouveau travail.

Une autre ville.

Une nouvelle relation.

Une nouvelle maison.

Une autre vie.

Et il n’y a absolument rien de mauvais là-dedans.

Peut-être que ce changement est exactement ce dont tu as besoin.

Mais si tu as déjà changé plusieurs fois et que la même sensation finit toujours par revenir, il existe peut-être une autre question à poser.

Pas :

« Où serais-je enfin heureux ? »

Mais :

« Qu’est-ce qui me suit partout où je vais ? »

La réponse ne signifie pas que tu dois rester là où tu es.

Elle peut simplement t’aider à ne pas demander au prochain endroit de réparer à lui seul quelque chose qui voyage avec toi.

J’ai passé une partie de ma vie à recommencer

La petite fille que j’étais n’avait pas choisi ses premiers changements.

Elle s’adaptait.

La femme que je suis devenue a ensuite beaucoup bougé.

Cherché.

Essayé.

Quitté.

Recommencé.

Et finalement, peut-être que l’un des changements les plus importants n’a pas été un déménagement.

C’était le moment où j’ai commencé à comprendre que je pouvais changer sans forcément changer d’endroit.

Que je pouvais rester suffisamment longtemps avec moi-même pour regarder ce qui faisait mal.

Et que parfois, la destination que je cherchais n’était pas ailleurs.

C’est ce besoin de recommencer que je connais profondément

Cette envie de renouveau.

Ces déménagements.

Ces changements de travail.

Ce départ à l’autre bout du monde.

Cette sensation que quelque chose sera peut-être différent ailleurs.

Je ne connais pas cela seulement à travers des livres.

Je l’ai vécu.

C’est pour cela que CRYSALYA s’oriente vers les blessures de l’enfance et ce qu’elles peuvent encore faire résonner dans notre vie d’adulte.

À travers la méthode de massage qui m’a été transmise et mon magnétisme, je propose une approche corporelle autour de cette recherche d’harmonie entre le corps et l’esprit.

Je reçois au Poiré-sur-Vie, près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Des personnes peuvent également venir de Montaigu-Vendée, du secteur du Puy du Fou, des Sables-d’Olonne, des communes environnantes ou choisir de se déplacer depuis Nantes lorsqu’elles se reconnaissent dans cette approche.

Je ne sais pas combien de fois tu as recommencé.

Je ne sais pas ce que tu cherches peut-être encore ailleurs.

Je ne sais pas ce que ton corps emporte avec lui à chaque nouveau départ.

Alors viens, et nous verrons cela ensemble.

Sandy — CRYSALYA
Le massage de libération de la mémoire du corps
Le Poiré-sur-Vie — près de La Roche-sur-Yon — Vendée