Pourquoi je n’arrive pas à dire non ? Quand poser ses limites fait peur

Pendant longtemps, dire non n’était pas aussi simple que prononcer un mot. Je pouvais savoir qu’une situation ne me convenait pas, sentir quelque chose en moi qui résistait, et pourtant accepter. Pour éviter une dispute. Pour ne pas décevoir. Pour ne pas perdre quelqu’un. Parce que j’avais appris très tôt à m’adapter aux autres avant même de savoir écouter mes propres limites.  Alors j’ai parfois dit oui avec ma bouche pendant que tout le reste de moi disait non.

Et lorsque cela se répète pendant des années, une question finit par apparaître : comment savoir où sont nos limites lorsqu’on a grandi en apprenant que celles des autres passaient avant les nôtres ?

Enfant, je n’avais pas toujours la possibilité de dire non

Lorsque l’on parle de limites, on parle souvent de quelque chose que l’on devrait simplement apprendre à poser.

« Il faut savoir dire non. »

Je l’ai entendu.

Mais pour moi, cette phrase ne raconte pas toute l’histoire.

Parce qu’avant d’être une adulte qui avait du mal à dire non, j’ai été une enfant qui n’avait pas toujours le pouvoir de le faire.

J’ai connu les placements à l’ASE et en famille d’accueil pendant les premières années de ma vie.

Il fallait s’adapter.

Aux lieux.

Aux personnes.

Aux règles.

Puis ma mère m’a récupérée.

Et avec mon beau-père alcoolique, j’ai connu les violences physiques, les cris, le mépris, la violence psychologique.

J’ai également subi des attouchements sexuels.

Mon corps d’enfant n’avait rien demandé.

Je n’avais pas les mots.

Je n’avais pas le pouvoir d’un adulte.

Et surtout, mes limites n’ont pas été respectées.

Que comprend un enfant lorsque son non ne compte pas ?

Je ne peux pas parler pour tous les enfants.

Je peux seulement parler de ce que cette histoire a laissé chez moi.

Lorsque les adultes décident.

Lorsque l’on doit obéir.

Lorsque notre corps lui-même peut être touché sans notre accord.

Que devient notre limite ?

Elle existe peut-être.

On sent que quelque chose ne va pas.

On ressent le malaise.

La peur.

Le refus.

Mais si ce refus ne change rien à ce qui arrive, on peut finir par apprendre autre chose :

ce que je ressens n’a peut-être pas suffisamment d’importance.

Cette idée ne se formule pas nécessairement avec des mots.

Elle peut simplement devenir une manière de fonctionner.

S’adapter.

Supporter.

Attendre que cela passe.

J’ai appris à être sage et obéissante

Quand on grandit dans un environnement où la réaction d’un adulte peut faire peur, l’obéissance peut aussi devenir une protection.

Ne pas provoquer.

Ne pas répondre.

Faire ce qui est demandé.

Essayer de ne pas attirer la colère.

Alors être sage n’est plus seulement une qualité que les adultes apprécient.

Cela peut devenir une manière de rester en sécurité.

Le problème, c’est que l’enfant grandit.

Les personnes changent.

Les situations changent.

Mais certaines habitudes peuvent rester.

Et parfois, devant quelqu’un qui ne représente aucun danger, nous ressentons encore une difficulté énorme à dire :

« Non, cela ne me convient pas. »

Je pouvais sentir la limite sans réussir à la défendre

C’est une différence importante.

Avoir du mal à poser ses limites ne signifie pas forcément ne rien ressentir.

Parfois, nous savons très bien.

Quelque chose nous dérange.

Une parole.

Un comportement.

Une demande.

Une proximité.

Une manière de nous toucher.

Nous sentons le malaise.

Mais entre sentir la limite et l’exprimer, il peut y avoir tout un monde.

Que va penser l’autre ?

Est-ce que je vais le vexer ?

Est-ce qu’il va se mettre en colère ?

Est-ce qu’il va me quitter ?

Est-ce que je suis trop difficile ?

Est-ce que j’exagère ?

Alors nous commençons à négocier avec notre propre ressenti.

Et parfois, nous finissons par convaincre la seule personne qu’il ne fallait peut-être pas convaincre :

nous-mêmes.

« Ce n’est pas si grave »

Cette phrase, je la connais.

Elle peut servir à relativiser.

Et parfois, relativiser fait du bien.

Mais elle peut aussi devenir une manière de repousser constamment nos propres limites.

Ce n’est pas si grave.

Je peux supporter.

Il n’a pas voulu faire ça.

Elle ne pensait pas à mal.

Je vais laisser passer.

Encore une fois.

Puis encore une autre.

Jusqu’à ce que quelque chose qui nous dérangeait au départ soit devenu presque normal.

Le problème n’est pas de pardonner une erreur.

Nous faisons tous des erreurs.

Le problème apparaît peut-être lorsque nous devons sans cesse diminuer l’importance de ce que nous ressentons pour pouvoir rester dans une situation.

Dans mes relations, j’ai beaucoup donné

J’ai eu plusieurs relations sérieuses.

Je cherchais beaucoup la stabilité.

Je pouvais materner l’homme avec qui j’étais.

Donner énormément d’amour.

Gérer la maison.

Prendre soin.

M’adapter.

Et parfois, mes propres besoins passaient derrière.

Je ne le voyais pas nécessairement ainsi.

Je pensais aimer.

Et j’aimais réellement.

Mais aimer quelqu’un ne devrait pas nous obliger à disparaître.

Je l’ai compris plus tard.

Parce qu’à force de regarder ce dont l’autre a besoin, on peut devenir très doué pour comprendre tout le monde sauf soi-même.

Dire non devient encore plus difficile lorsque l’on a peur d’être abandonné

J’avais un désir immense d’être aimée pour qui j’étais.

Et je m’attachais vite.

Alors lorsqu’une relation comptait pour moi, la possibilité de la perdre pouvait devenir très inquiétante.

Dans ces conditions, une limite n’est plus seulement une limite.

Elle peut ressembler à un risque.

Si je dis non, peut-être qu’il sera déçu.

S’il est déçu, peut-être qu’il m’aimera moins.

S’il m’aime moins, peut-être qu’il partira.

Tout cela peut se produire très rapidement dans notre tête.

Alors parfois, nous préférons supporter un petit inconfort maintenant plutôt que risquer une immense douleur que nous imaginons ensuite.

Mais les petits inconforts répétés finissent parfois par devenir une immense douleur eux aussi.

Il y a des oui qui ne ressemblent pas vraiment à des oui

Nous pouvons dire oui parce que nous en avons envie.

Et puis nous pouvons dire oui parce que nous n’osons pas dire non.

Extérieurement, le mot est identique.

Intérieurement, l’expérience ne l’est pas du tout.

Je l’ai vécu dans différentes parties de ma vie.

Dans les relations.

Dans ma manière de donner.

Dans mon rapport aux autres.

Et même dans ma sexualité.

J’ai parfois eu des rapports avec des hommes dont je n’avais pas forcément envie.

Je traversais des périodes où je cherchais à faire taire ce qui faisait mal.

Je cherchais de l’amour.

De l’attention.

Quelque chose qui remplisse le vide.

Avec le recul, je peux regarder cela autrement.

Pas avec honte.

Mais en essayant de comprendre ce que je cherchais à ce moment-là.

Le corps peut dire non avant nous

C’est quelque chose qui me touche particulièrement aujourd’hui.

Parce que nous pouvons essayer de raisonner.

De nous convaincre.

De nous dire que tout va bien.

Et pourtant sentir quelque chose.

Le ventre qui se serre.

Les épaules qui se tendent.

La respiration qui change.

Une envie de reculer.

Une sensation de malaise.

Ces réactions ne permettent pas à elles seules de savoir exactement ce qui se passe.

Une tension corporelle n’est pas une preuve qu’une personne est dangereuse.

Elle peut avoir beaucoup de causes.

Mais je crois qu’il est important de ne pas systématiquement ignorer ce que nous ressentons.

Parfois, le corps nous invite simplement à nous arrêter suffisamment longtemps pour nous poser une question :

« Est-ce que j’ai réellement envie de cela ? »

J’ai aussi connu une relation où mes limites ont été dépassées encore et encore

Je suis tombée sur un homme qui a fait sauter beaucoup de mes limites.

J’ai accepté la violence physique.

Psychologique.

Verbale.

Je me suis perdue plusieurs fois.

Et je pensais parfois que je ne connaîtrais que cela toute ma vie.

Je veux être très claire.

Ce n’est pas parce que j’avais du mal à poser mes limites que cet homme a été violent.

La responsabilité de sa violence lui appartient.

Toujours.

Mais mon histoire peut m’aider aujourd’hui à comprendre pourquoi je suis restée, pourquoi j’ai supporté et pourquoi certaines limites ont été si difficiles à défendre.

Comprendre cela ne déplace pas la responsabilité.

Cela me permet simplement de mieux comprendre mon propre chemin.

Une limite que l’autre refuse de respecter reste une limite

C’est quelque chose que j’aurais aimé comprendre plus tôt.

Une limite n’a pas besoin d’être approuvée par l’autre pour exister.

Je peux dire :

« Je ne veux pas. »

L’autre peut ne pas aimer ma réponse.

Mais cela reste non.

Je peux dire :

« Ne me parle pas comme ça. »

L’autre peut trouver que j’exagère.

Mais ma limite existe toujours.

Je peux dire :

« Je ne veux pas être touchée ici. »

Il n’y a rien à négocier.

Le respect d’une limite ne dépend pas de la capacité de l’autre à la comprendre.

Et dans le domaine du corps et de la sexualité, cette réalité est essentielle :

le consentement doit être libre et peut être retiré.

Poser une limite peut faire peur sans que la limite soit mauvaise

C’est peut-être l’une des choses les plus difficiles à apprendre.

Nous pouvons ressentir de la culpabilité après avoir dit non.

Et croire que cette culpabilité signifie que nous avons mal agi.

Mais une émotion n’est pas toujours un jugement fiable sur la justesse de notre décision.

Je peux me sentir coupable simplement parce que je fais quelque chose que je n’ai pas l’habitude de faire.

Je peux avoir peur simplement parce que j’ai appris autrefois qu’un non pouvait provoquer une mauvaise réaction.

Alors parfois, poser une limite saine ne procure pas immédiatement une sensation de puissance.

Cela peut trembler.

Faire peur.

Donner envie de revenir en arrière.

Et pourtant être nécessaire.

Je suis devenue maman et mes limites ont changé de sens

Il y a eu un moment où je ne pouvais plus seulement regarder ce que moi j’étais prête à supporter.

J’avais mes enfants.

Je voulais les protéger.

Et surtout, je voulais leur montrer autre chose.

Je ne voulais pas qu’ils apprennent que l’amour consistait à accepter la violence.

Je ne voulais pas reproduire le même schéma.

Alors quelque chose que j’avais eu tant de mal à faire pour moi est devenu nécessaire pour eux.

J’ai dit stop.

Je suis allée au commissariat.

J’ai expliqué ce que je vivais.

J’ai contacté SOS Femmes.

J’ai obtenu mon appartement.

Et je suis partie.

Cette limite-là n’était plus une petite phrase.

Elle changeait une vie.

La mienne.

Et celle de mes enfants.

C’est là que j’ai commencé à comprendre que dire non pouvait aussi être un acte d’amour

Pas seulement d’amour pour soi.

Parfois, poser une limite protège aussi ceux qui nous entourent.

Cela empêche certaines choses de continuer.

Cela montre à nos enfants ce que nous ne voulons pas normaliser.

Cela permet à une relation saine de savoir où nous sommes réellement.

Parce qu’une personne qui dit toujours oui ne montre pas forcément qui elle est.

Elle montre parfois ce qu’elle pense devoir être pour être acceptée.

Et je ne voulais plus vivre uniquement comme cela.

Apprendre ses limites demande parfois de réapprendre à ressentir

Lorsque l’on s’est beaucoup adapté, la question :

« Qu’est-ce que je veux ? »

peut être étonnamment difficile.

Je veux quoi ?

Moi ?

Pas ce qui serait raisonnable.

Pas ce qui ferait plaisir à l’autre.

Pas ce que l’on attend de moi.

Qu’est-ce que je veux réellement ?

Et qu’est-ce que je ne veux pas ?

Parfois, la réponse n’arrive pas immédiatement.

Parce que nous avons passé tellement de temps tournés vers l’extérieur que revenir vers soi demande un apprentissage.

C’est aussi là que mon rapport au corps a commencé à prendre davantage de place.

J’ai découvert une méthode où je pouvais simplement recevoir

J’ai rencontré un homme qui pratiquait une méthode ancestrale de massage.

Avant de me l’enseigner, il me l’a fait recevoir.

Et cela a eu une place importante dans mon chemin.

Parce qu’un massage implique aussi quelque chose de très particulier lorsqu’on a connu des limites corporelles non respectées :

le toucher.

Mais cette fois, dans un autre cadre.

Avec la possibilité d’être écoutée.

De ressentir.

De ne pas avoir à subir.

De laisser mon corps se relâcher à son rythme.

Je pouvais recevoir sans avoir quelque chose à donner en échange.

Et progressivement, cette expérience a participé à une autre manière d’habiter mon corps.

Plus tard, cet homme m’a transmis sa méthode.

Aujourd’hui, le respect des limites est essentiel dans ma pratique

Peut-être parce que je sais ce que cela signifie lorsque les limites d’un corps n’ont pas été respectées.

Dans ma pratique, une personne peut dire non.

Demander que je ne touche pas une zone.

Me dire qu’une pression ne lui convient pas.

Demander une pause.

Arrêter.

Changer d’avis.

Je ne cherche pas à forcer un corps à « libérer » quelque chose.

Je ne cherche pas à lui imposer ce qu’il devrait ressentir.

Pour moi, une approche corporelle autour de blessures anciennes ne peut pas avoir de sens si la personne doit une nouvelle fois subir.

La sécurité et le respect passent avant la technique.

Massage, magnétisme et mémoire du corps

À la méthode qui m’a été transmise, j’associe mon magnétisme et mon ressenti.

C’est ainsi que j’ai construit l’approche CRYSALYA.

Lorsque je parle de mémoire du corps, je ne prétends pas qu’un souvenir précis serait stocké dans une partie précise du corps ni qu’un massage permettrait d’effacer un traumatisme.

Je parle de ce que j’ai moi-même expérimenté :

notre histoire peut influencer notre manière de réagir.

Une situation présente peut provoquer une tension.

Une peur.

Une envie de se protéger.

Même lorsque notre esprit sait que le contexte n’est plus celui d’autrefois.

Ma pratique cherche cette harmonie entre ce que l’esprit comprend et ce que le corps ressent encore.

Elle ne remplace pas une psychothérapie ni une prise en charge médicale lorsqu’elles sont nécessaires.

Elle s’inscrit comme une approche corporelle complémentaire.

Aujourd’hui, je peux dire non sans dire non à l’amour

C’est peut-être l’une des choses les plus importantes que j’ai apprises.

Dire non à quelqu’un ne signifie pas forcément le rejeter.

Je peux aimer et refuser.

Je peux comprendre l’autre et maintenir ma limite.

Je peux être généreuse et ne pas tout accepter.

Je peux être disponible et avoir besoin d’espace.

Je peux changer d’avis.

Et surtout, je n’ai pas besoin que tout le monde soit d’accord avec mes limites pour avoir le droit d’en avoir.

Une personne qui m’aime peut être déçue par l’un de mes non.

Mais elle doit pouvoir respecter ce non.

Peut-être que tu connais cette difficulté toi aussi

Peut-être que tu dis oui alors que tu voudrais dire non.

Peut-être que tu acceptes pour éviter les conflits.

Peut-être que tu te sens coupable lorsque tu penses d’abord à toi.

Peut-être que tu supportes certaines choses parce que tu as peur que la personne parte.

Peut-être même que tu ne sais plus très bien où se trouvent tes limites.

Je ne peux pas savoir pourquoi.

Je ne peux pas raconter ton histoire à ta place.

Mais tu peux peut-être commencer par une question très simple :

« Si je savais que cette personne ne m’en voudrait pas, est-ce que je dirais toujours oui ? »

La réponse peut parfois être intéressante.

L’enfant que j’étais n’avait pas toujours le choix

Je peux la regarder aujourd’hui sans lui demander pourquoi elle n’a pas dit non.

Elle était une enfant.

Ce n’était pas à elle de savoir se défendre contre des adultes.

Ce n’était pas à elle de protéger son corps contre ce qu’un adulte n’aurait jamais dû lui faire.

La responsabilité n’était pas la sienne.

Mais la femme que je suis aujourd’hui peut progressivement apprendre autre chose.

Elle peut écouter son inconfort.

Dire stop.

Partir.

Demander.

Refuser.

Changer d’avis.

Et choisir.

Mon passé explique peut-être certaines de mes difficultés.

Il ne décide plus seul de mes limites.

C’est aussi pour cela que je fais ce que je fais aujourd’hui

Parce que je connais cette difficulté à écouter ce que l’on ressent lorsque l’on a passé une partie de sa vie à s’adapter.

Je connais la peur de perdre.

Le besoin d’être aimée.

Les limites que l’on repousse.

Et ce corps auquel on n’a pas toujours demandé son avis.

Je ne connais pas cela uniquement à travers une formation ou des livres.

Je le connais parce que je l’ai porté.

À travers la méthode de massage qui m’a été transmise et mon magnétisme, CRYSALYA propose une approche corporelle autour des blessures de l’enfance et de ce qu’elles peuvent encore faire résonner dans notre vie adulte.

Je reçois au Poiré-sur-Vie, près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Des personnes viennent également des communes environnantes et peuvent choisir de se déplacer depuis Montaigu-Vendée, le secteur du Puy du Fou, Les Sables-d’Olonne ou Nantes lorsqu’elles se reconnaissent dans cette approche.

Je ne sais pas ce que tu as vécu.

Je ne sais pas combien de fois tu as dit oui alors que quelque chose en toi disait non.

Je ne sais pas ce que ton corps porte encore aujourd’hui.

Alors viens, et nous verrons cela ensemble.

Sandy — CRYSALYA
Le massage de libération de la mémoire du corps
Le Poiré-sur-Vie — près de La Roche-sur-Yon — Vendée