On dit souvent que le temps passe, que l’on grandit et que ce qui appartient au passé doit rester dans le passé. Mais est-ce vraiment aussi simple ? Parce qu’il y a ce que nous avons vécu enfant, et puis il y a ce que nous sommes devenus avec. Pendant longtemps, je pensais simplement que j’étais comme ça : trop sensible, trop attachée, trop méfiante. Jusqu’au jour...
où j’ai compris que certaines de mes réactions d’adulte avaient peut-être commencé bien avant que je sois capable de mettre des mots dessus.
On grandit, mais que deviennent nos blessures d’enfance ?
Une blessure d’enfance ne signifie pas forcément avoir vécu exactement la même chose que moi.
Il peut y avoir la maltraitance physique.
Les violences psychologiques.
Les violences sexuelles.
L’abandon.
La négligence.
Mais il peut aussi y avoir un enfant qui ne s’est jamais vraiment senti aimé.
Un enfant qui a grandi dans les cris.
Un enfant qui ne savait jamais dans quel état il allait retrouver son père ou sa mère.
Un enfant qui devait constamment être sage pour ne pas provoquer de colère.
Un enfant à qui l’on répétait qu’il était nul, difficile, incapable ou qu’il ne ferait jamais rien de sa vie.
Un enfant qui a dû devenir grand beaucoup trop tôt.
Un enfant qui a appris à s’occuper des autres alors que personne ne s’occupait vraiment de lui.
Un enfant qui avait tout matériellement, mais qui n’a jamais vraiment ressenti cette sécurité affective dont il avait besoin.
Toutes les histoires ne se ressemblent pas.
Et toutes les personnes qui ont vécu une enfance difficile ne connaîtront pas les mêmes conséquences une fois adultes.
C’est important de le dire.
Avoir vécu quelque chose de douloureux dans son enfance ne condamne pas une personne à reproduire toute sa vie les mêmes schémas.
Mais certaines expériences peuvent laisser des traces.
L’Organisation mondiale de la Santé explique notamment que les maltraitances subies pendant l’enfance peuvent avoir des conséquences durables sur la santé physique et mentale. Elles sont associées, entre autres, à davantage de risques d’anxiété, de dépression, de conduites addictives ou encore de subir ou d’exercer des violences plus tard dans la vie.
Cela ne veut pas dire que tout adulte ayant vécu une enfance difficile développera ces problèmes.
Cela signifie simplement que notre enfance peut continuer à avoir une influence bien après qu’elle soit terminée.
Et parfois, cette influence est beaucoup plus discrète.
Elle se glisse dans notre manière d’aimer.
Dans notre peur de perdre quelqu’un.
Dans ce que nous acceptons.
Dans notre besoin de tout contrôler.
Dans notre difficulté à faire confiance.
Dans notre manière de réagir à un conflit.
Ou dans cette impression étrange d’être toujours sur nos gardes alors qu’il ne se passe, en apparence, rien de dangereux.
Pendant longtemps, je pensais simplement que le problème venait de moi
Je connais cette sensation.
J’ai vécu l’abandon très jeune.
J’ai été placée durant les premières années de ma vie.
Puis j’ai connu la violence physique et psychologique, les cris, le mépris et les attouchements sexuels.
Mais lorsque l’on est enfant, on n’analyse pas les choses comme un adulte.
On ne se dit pas :
« Ce que cet adulte me fait subir est lié à ses propres problèmes et ne définit absolument pas ma valeur. »
On ressent.
On essaie de comprendre avec ce que l’on possède à cet âge-là.
Et parfois, on retourne les choses contre soi.
Moi, je me suis demandé pourquoi personne ne voulait vraiment de moi.
J’ai fini par croire que je devais peut-être mériter ma place.
Être assez sage.
Assez forte.
Assez obéissante.
Être celle que les autres attendaient pour qu’ils finissent peut-être par m’aimer comme j’avais besoin de l’être.
Puis j’ai grandi.
Et pendant longtemps, je n’ai pas vu que cette manière de fonctionner pouvait encore être présente dans ma vie adulte.
La peur de l’abandon ne disparaît pas forcément lorsqu’on devient adulte
Lorsque l’on a connu l’abandon, le rejet ou une profonde insécurité affective, une relation peut parfois prendre une importance énorme.
Ce n’est plus simplement aimer quelqu’un.
Cela peut devenir avoir besoin de savoir que cette personne ne partira pas.
Alors on s’attache très vite.
On peut avoir besoin d’être rassuré.
Un silence peut inquiéter.
Une distance peut faire peur.
Une dispute peut être vécue comme le début de la fin.
On peut devenir jaloux ou possessif.
Ou, au contraire, éviter de trop s’attacher parce qu’on a appris qu’aimer quelqu’un, c’est prendre le risque de souffrir.
Il n’existe pas une seule manière de réagir.
Des travaux scientifiques trouvent d’ailleurs une association entre la maltraitance vécue pendant l’enfance et davantage d’anxiété ou d’évitement dans l’attachement à l’âge adulte.
Mais une association n’est pas une condamnation.
Elle ne signifie pas que chaque difficulté amoureuse vient forcément de l’enfance.
Elle nous invite simplement à regarder notre histoire lorsque certains comportements semblent se répéter sans que nous comprenions vraiment pourquoi.
Moi, j’ai longtemps cherché cette stabilité.
Je pouvais rester dans des relations où je n’étais pas heureuse.
Je donnais énormément.
Je maternais.
Je prenais soin de l’autre.
Et je m’oubliais.
Avec le recul, je peux voir cette femme autrement.
Elle ne cherchait pas consciemment à souffrir.
Elle voulait être aimée.
Pourquoi accepte-t-on parfois adulte ce que l’on pensait ne jamais accepter ?
C’est probablement l’une des questions les plus difficiles.
On peut savoir qu’une relation nous fait du mal.
Nos amis peuvent nous le dire.
Notre famille peut nous le dire.
Une partie de nous peut même le savoir parfaitement.
Et pourtant, on reste.
Cela ne veut pas dire que toutes les personnes ayant connu la maltraitance reproduiront des relations violentes.
Et cela ne signifie jamais qu’une victime est responsable de la violence qu’elle subit.
Mais notre histoire peut influencer ce qui nous semble familier, notre manière de poser nos limites ou notre peur de perdre une relation.
Je l’ai vécu.
Je suis tombée sur un homme avec lequel mes limites ont sauté les unes après les autres.
J’ai accepté la violence physique.
Psychologique.
Verbale.
Et pourtant, je restais.
Pendant longtemps, j’aurais pu simplement me demander :
« Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Aujourd’hui, la question que je trouve plus juste est différente :
« Qu’est-ce qui, dans mon histoire, a pu m’amener à accepter cela aussi longtemps ? »
La différence paraît petite.
Pourtant, elle change énormément de choses.
Dans la première question, je suis le problème.
Dans la deuxième, j’essaie de comprendre ce que j’ai vécu.
Les blessures d’enfance peuvent aussi toucher notre confiance en nous
Comment construit-on sa valeur lorsqu’on a grandi avec le sentiment de ne pas en avoir ?
Lorsqu’un enfant entend régulièrement qu’il n’est pas assez bien, qu’il dérange ou qu’il ne mérite pas l’attention qu’il demande, il peut finir par intégrer une partie de ces messages.
Même lorsqu’ils ne sont jamais prononcés directement, certains comportements peuvent être ressentis de cette manière.
L’enfant ne possède pas le recul d’un adulte.
Alors parfois, il grandit avec cette idée :
« Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. »
Puis l’enfant devient adulte.
Mais la phrase peut rester.
Elle change simplement de forme.
Je ne suis pas assez belle.
Je ne suis pas assez intéressant.
Je ne mérite pas cette personne.
Je vais forcément échouer.
Les autres sont meilleurs que moi.
Pourquoi quelqu’un m’aimerait vraiment ?
Pour certains, cela devient un besoin constant de prouver leur valeur.
Pour d’autres, une difficulté à essayer.
Pour d’autres encore, le besoin d’être parfait.
Ou celui de faire passer tout le monde avant soi.
Moi, j’ai longtemps vécu avec ce complexe d’infériorité.
Et lorsqu’on doute profondément de sa propre valeur, poser une limite devient parfois très difficile.
Dire non peut devenir beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît
Vu de l’extérieur, dire non semble simple.
Tu ne veux pas ?
Alors refuse.
Quelqu’un dépasse une limite ?
Pars.
Mais lorsque, enfant, on a appris que notre sécurité dépendait de notre capacité à nous adapter, dire non peut prendre une tout autre dimension.
Le non peut faire peur.
Parce qu’un non risque de provoquer un conflit.
Parce qu’un non peut déplaire.
Parce qu’un non peut faire partir l’autre.
Parce qu’un non signifie prendre le risque de ne plus être aimé.
Alors on accepte.
Encore.
Puis encore.
Jusqu’à parfois ne même plus savoir ce que nous voulions réellement au départ.
C’est pour cela que je ne crois plus beaucoup aux phrases comme :
« Il suffit de s’affirmer. »
Parfois, avant de pouvoir poser une limite, il faut comprendre pourquoi cette limite est si difficile à poser.
Quand on reste toujours sur ses gardes
Il y a également quelque chose que j’ai beaucoup connu : cette sensation d’être toujours en vigilance.
Observer.
Anticiper.
Se préparer.
Sentir très vite un changement d’ambiance.
Lorsque l’environnement de l’enfance a été imprévisible ou dangereux, rester attentif à ce qui se passe autour de soi a parfois été une manière de se protéger.
L’Organisation mondiale de la Santé explique qu’un stress sévère ou prolongé durant l’enfance peut perturber le développement des systèmes impliqués notamment dans la réponse au stress.
Encore une fois, cela ne signifie pas qu’une personne adulte qui sursaute facilement ou qui déteste les conflits a nécessairement subi un traumatisme.
Mais chez certaines personnes, ce que nous appelons aujourd’hui hypervigilance peut avoir des racines anciennes.
On peut être adulte, vivre dans un environnement beaucoup plus sûr et continuer à réagir très fortement à certaines situations.
Un ton de voix.
Une porte qui claque.
Une personne qui s’énerve.
Un silence inhabituel.
Une sensation de perdre le contrôle.
Le danger n’est peut-être plus le même.
Mais notre manière de nous protéger ne disparaît pas toujours au moment précis où le danger s’arrête.
Et le corps dans tout cela ?
C’est ici que je veux être très claire.
On entend beaucoup l’expression « le corps garde tout en mémoire ».
Elle peut être parlante, mais elle ne doit pas être transformée en une affirmation scientifique simpliste selon laquelle chaque douleur physique correspondrait à un traumatisme précis.
Ce n’est pas ce que je veux dire lorsque je parle de mémoire du corps.
Ce que la recherche montre, c’est que des expériences difficiles et un stress important ou prolongé pendant l’enfance peuvent influencer durablement les systèmes de réponse au stress et être associés à des conséquences physiques et psychiques à l’âge adulte.
Dans mon expérience personnelle, j’ai découvert autre chose : même lorsque mon esprit avait compris une partie de mon histoire, mon corps pouvait encore se tendre, se protéger ou réagir.
C’est cette expérience que j’appelle, dans ma pratique, la mémoire du corps.
Ce n’est pas un diagnostic médical.
C’est une manière de parler de ce que j’ai moi-même ressenti et de ce que je cherche aujourd’hui à écouter à travers le massage.
Comprendre son passé ne signifie pas toujours se sentir libéré
On peut avoir énormément réfléchi sur soi.
On peut comprendre pourquoi nos parents étaient comme ils étaient.
Comprendre pourquoi une relation nous a détruits.
Comprendre notre peur de l’abandon.
Comprendre nos mécanismes.
Et malgré tout, continuer à ressentir certaines choses.
C’est quelque chose qui m’a longtemps interrogée.
Mon esprit pouvait comprendre.
Mais comprendre n’effaçait pas automatiquement tout ce que je ressentais.
C’est dans cette période de ma vie que j’ai rencontré un homme qui travaillait avec une méthode ancestrale de massage associant le travail du corps et de l’esprit.
Avant de me transmettre cette méthode, il me l’a fait recevoir.
Et cette expérience a eu une place importante dans mon propre cheminement.
Pour une fois, je n’avais rien à expliquer.
Je pouvais simplement m’allonger.
Ressentir.
Et laisser mon corps être écouté autrement.
C’est également là que j’ai découvert ce qui deviendrait plus tard le cœur de ma propre pratique.
Pourquoi je cherche aujourd’hui l’harmonie entre le corps et l’esprit
Dans la méthode qui m’a été transmise, je ne cherche pas simplement à détendre des muscles.
Le massage me permet d’être attentive aux zones de tension et à ce que la personne ressent dans son corps.
J’y associe mon magnétisme, avec mon propre ressenti énergétique.
Et je cherche cette rencontre entre le corps et l’esprit.
Ce que l’esprit sait.
Ce qu’il a compris.
Et ce que la personne ressent encore dans son corps.
Je ne prétends pas effacer un traumatisme par un massage.
Je ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un professionnel de santé mentale lorsqu’un accompagnement de cette nature est nécessaire.
Je raconte simplement ce que cette méthode a représenté dans mon histoire et pourquoi j’ai choisi, à mon tour, de la transmettre.
Parce qu’elle m’a permis d’aborder ma reconstruction autrement.
Pas en effaçant mon passé.
Mais en cherchant à ne plus lui laisser la même place.
Se reconstruire ne veut pas dire oublier l’enfant que nous avons été
Pendant longtemps, j’aurais peut-être voulu oublier.
Effacer.
Recommencer avec une autre histoire.
Mais aujourd’hui, je ne regarde plus mon enfance exactement de cette manière.
Je ne peux pas changer ce qui s’est passé.
Je ne peux pas offrir rétroactivement à cette petite fille tout ce qu’elle aurait dû recevoir.
Mais je peux regarder autrement ce qu’elle est devenue.
Je peux poser les limites qu’elle ne pouvait pas poser.
Je peux dire non lorsqu’elle ne pouvait pas dire non.
Je peux partir lorsqu’elle était obligée de rester.
Je peux apprendre à choisir les personnes qui entrent dans ma vie.
Je peux apprendre à m’aimer autrement.
Mes cicatrices ne racontent donc plus seulement ce que j’ai subi.
Elles racontent aussi tout ce à quoi j’ai survécu.
Et c’est probablement l’une des choses les plus importantes que j’ai comprises :
notre passé peut expliquer certaines parties de notre histoire sans être obligé d’écrire toute la suite à notre place.
Alors, les blessures de l’enfance peuvent-elles réellement agir à l’âge adulte ?
Oui, certaines expériences difficiles vécues pendant l’enfance peuvent être associées à des conséquences qui persistent à l’âge adulte.
La recherche le montre notamment pour la santé mentale et physique, la réponse au stress, certains comportements et les relations.
Mais il faut ajouter quelque chose d’essentiel :
une blessure d’enfance n’est pas une identité.
Elle n’explique pas tout.
Elle ne condamne pas notre avenir.
Et deux personnes ayant vécu des événements semblables peuvent avoir des parcours complètement différents.
L’objectif n’est donc pas de regarder chaque difficulté de notre vie et de dire :
« C’est forcément mon enfance. »
L’objectif peut simplement être de se demander :
« Est-ce qu’une partie de ce que je vis aujourd’hui pourrait avoir une histoire plus ancienne que je ne le pensais ? »
Parfois, la réponse sera non.
Parfois, elle sera oui.
Et parfois, cette simple question ouvrira une porte que nous n’avions jamais regardée.
Je ne sais pas ce que ton histoire contient
Je ne sais pas si tu as connu l’abandon.
La violence.
Les humiliations.
Le manque d’amour.
L’insécurité.
Ou quelque chose que tu n’as encore jamais réussi à raconter.
Je ne sais pas non plus ce que ton corps porte aujourd’hui.
Et je ne veux pas décider de ton histoire à ta place.
Je peux seulement te parler depuis la mienne.
C’est justement pour cela que j’ai créé CRYSALYA.
Pour accompagner, à travers la méthode qui m’a été transmise, les personnes qui sentent que certaines blessures de leur enfance continuent peut-être à prendre trop de place dans leur vie d’adulte.
Je pratique au Poiré-sur-Vie, près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Des personnes peuvent également venir des environs de Nantes ou du secteur du Puy du Fou lorsqu’elles souhaitent faire le déplacement pour découvrir cette approche.
Je ne sais pas ce que tu as vécu.
Je ne sais pas ce que ton corps porte encore aujourd’hui.
Alors viens, et nous verrons cela ensemble.
Sandy — CRYSALYA
Le massage de libération de la mémoire du corps
Le Poiré-sur-Vie — La Roche-sur-Yon — Vendée