Pendant longtemps, j’ai su me sentir coupable de beaucoup de choses. D’avoir dit non. D’avoir déçu quelqu’un. De penser à moi. De partir. De ne pas avoir fait davantage. Et parfois même de ce que j’avais subi. Comme si, quelque part, j’avais forcément une part de responsabilité dans ce qui m’arrivait. La culpabilité peut devenir tellement habituelle qu’on ne la remarque même plus.
On pense simplement être quelqu’un qui se remet beaucoup en question. Mais avec le temps, j’ai commencé à me demander : pourquoi mon premier réflexe était-il si souvent de chercher ce que j’avais fait de mal ? Et surtout, à quel moment avais-je appris à croire que tout pouvait être de ma faute ?
Enfant, je cherchais une explication
J’ai connu l’abandon très tôt.
Pendant les sept premières années de ma vie, j’ai été placée à l’ASE et en famille d’accueil.
Des lieux différents.
Des personnes différentes.
Des règles différentes.
Et cette question revenait :
« Pourquoi personne ne veut vraiment de moi ? »
Aujourd’hui, avec mon regard d’adulte, je sais qu’un enfant n’est pas responsable des difficultés des adultes qui l’entourent.
Mais l’enfant que j’étais ne pouvait pas comprendre tout cela.
Elle voyait simplement qu’elle était déplacée.
Qu’elle ne vivait pas avec sa mère.
Que quelque chose n’était pas comme cela aurait dû être.
Alors elle cherchait une raison.
Et lorsqu’on ne connaît pas les raisons des adultes, il reste parfois une personne très facile à accuser :
soi-même.
Peut-être que je n’étais pas assez bien
Un enfant peut avoir une logique très différente de celle d’un adulte.
Si maman n’est pas là, peut-être qu’elle ne me veut pas.
Si je suis placée ailleurs, peut-être que j’ai fait quelque chose.
Si personne ne me garde vraiment, peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi.
Je ne dis pas que tous les enfants placés pensent cela.
Je parle de ce que j’ai ressenti.
Cette sensation de devoir mériter une place.
Être assez sage.
Assez forte.
Assez obéissante.
Comme si mon comportement pouvait enfin produire ce dont j’avais tellement besoin :
être aimée et me sentir en sécurité.
Puis la violence est arrivée
Lorsque ma mère m’a récupérée, j’ai vécu avec mon beau-père alcoolique.
J’ai connu les violences physiques.
Les cris.
Le mépris.
Les paroles blessantes.
La violence psychologique.
Et les attouchements sexuels.
Lorsque l’on subit quelque chose que l’on ne comprend pas, une question peut revenir :
« Pourquoi moi ? »
Et parfois, cette question devient :
« Qu’est-ce que j’ai fait pour que cela m’arrive ? »
Je n’avais rien fait.
Je le sais aujourd’hui.
Mais l’enfant que j’étais n’avait pas forcément cette certitude.
J’ai même pu croire que je le méritais
Cette partie de mon histoire est difficile.
Mais elle est importante.
Face aux attouchements que j’ai subis, je n’avais ni les mots ni le pouvoir de comprendre ou de me défendre comme j’aurais dû pouvoir le faire.
Et à la place, une pensée terrible pouvait apparaître :
peut-être que je devais le mériter.
Aujourd’hui, je peux regarder cette enfant et lui dire ce qu’elle aurait dû entendre à ce moment-là :
non.
Un enfant ne mérite jamais qu’un adulte lui impose des gestes sexuels.
Un enfant n’en est jamais responsable.
Ce n’était pas à moi d’empêcher un adulte de franchir cette limite.
C’était à l’adulte de ne jamais la franchir.
La responsabilité n’était pas la mienne.
Pourtant, savoir cela aujourd’hui ne change pas automatiquement ce que l’on a ressenti hier
C’est là toute la difficulté.
Notre regard adulte peut comprendre énormément de choses.
Nous pouvons savoir rationnellement :
« Je n’étais pas responsable. »
Mais une ancienne culpabilité peut malgré tout continuer à apparaître.
Parce qu’elle a parfois vécu longtemps avec nous.
Elle s’est mélangée à notre manière de nous regarder.
À notre rapport aux autres.
À nos limites.
À notre besoin d’être aimé.
Et elle peut réapparaître dans des situations qui n’ont plus rien à voir avec l’enfance.
Plus tard, je cherchais facilement ce que j’avais fait de travers
Une personne change d’attitude.
Ai-je fait quelque chose ?
Une relation va mal.
Est-ce moi ?
Quelqu’un est contrarié.
Qu’est-ce que j’ai encore fait ?
Il peut être sain de se remettre en question.
Nous faisons tous des erreurs.
Reconnaître nos responsabilités est essentiel.
Mais il y a une différence entre se demander :
« Quelle est ma part dans cette situation ? »
et partir immédiatement du principe :
« Le problème vient sûrement de moi. »
Pendant longtemps, cette deuxième possibilité pouvait arriver très vite chez moi.
La culpabilité peut nous pousser à réparer des choses que nous n’avons pas cassées
Alors on explique.
On s’excuse.
On fait davantage.
On essaie d’arranger l’ambiance.
On prend soin de l’autre.
Parfois même avant de savoir si nous avons réellement fait quelque chose.
Et cela rejoint une autre partie de mon histoire.
J’ai beaucoup donné.
Dans mes relations, je pouvais materner l’homme.
Gérer énormément de choses.
Chercher la stabilité.
Prendre soin.
Si quelque chose n’allait pas, j’essayais facilement de réparer.
Mais toutes les situations ne sont pas à réparer par nous.
Et toutes les émotions des autres ne sont pas notre responsabilité.
Dire non pouvait me faire culpabiliser
C’est quelque chose que j’ai dû apprendre.
Je pouvais poser une limite et ensuite me demander si je n’avais pas été trop dure.
Refuser quelque chose et avoir envie de me justifier.
Penser à moi et me demander si je n’étais pas égoïste.
Alors parfois, le plus simple était de céder.
Dire oui.
Faire plaisir.
Éviter le conflit.
La culpabilité disparaissait momentanément.
Mais le prix pouvait être autre chose :
m’être encore une fois oubliée.
Il existe une culpabilité qui nous aide
Je ne veux pas présenter toute culpabilité comme quelque chose de mauvais.
Lorsque nous avons réellement blessé quelqu’un, la culpabilité peut avoir une fonction.
Elle peut nous faire comprendre que notre comportement ne correspond pas à nos valeurs.
Nous pouvons reconnaître notre erreur.
Présenter des excuses.
Réparer lorsque c’est possible.
Changer notre comportement.
Cette culpabilité-là peut nous aider à grandir.
Mais il existe aussi des moments où nous nous sentons coupables sans avoir commis de faute.
Parce que quelqu’un est déçu.
Parce que nous avons posé une limite.
Parce que nous avons choisi de partir.
Parce que nous n’avons pas réussi à sauver quelqu’un.
Parce que nous avons simplement pensé à nous.
Et cette culpabilité mérite peut-être d’être regardée autrement.
Je me suis aussi sentie coupable de ne pas pouvoir sauver certaines relations
Lorsque l’on donne énormément, on peut finir par croire que si la relation échoue, c’est que l’on n’a pas suffisamment donné.
Peut-être que j’aurais dû être plus patiente.
Plus compréhensive.
Faire encore un effort.
Lui laisser une autre chance.
Mais combien ?
À quel moment avons-nous suffisamment essayé ?
Cette question est particulièrement importante lorsque la relation devient violente.
Parce que face à la violence, essayer encore davantage ne garantit rien.
Et surtout, la violence de l’autre n’est pas provoquée par notre incapacité à suffisamment l’aimer.
J’ai connu une relation violente
Violence physique.
Psychologique.
Verbale.
Mes limites ont été dépassées.
Et comme dans beaucoup de situations complexes, il n’y avait pas seulement les mauvais moments.
Il y avait aussi l’attachement.
Les espoirs.
Les périodes différentes.
Tout ce qui peut donner envie de croire que cela va changer.
Je pouvais chercher à comprendre.
Me remettre en question.
Essayer encore.
Mais une chose a fini par devenir essentielle :
je n’étais pas responsable de sa violence.
Je pouvais être imparfaite.
Faire des erreurs.
Avoir mauvais caractère parfois.
Être en désaccord.
Rien de cela ne justifiait la violence.
Puis je suis devenue maman
Et la situation a pris une autre dimension.
Je ne regardais plus seulement ce que j’étais capable de supporter.
Je regardais mes enfants.
Je voulais les protéger.
Je voulais leur montrer l’exemple d’un amour sain.
Je ne voulais pas reproduire ce que j’avais connu.
Alors j’ai pris une décision.
Je suis allée au commissariat.
J’ai expliqué ce que je vivais.
J’ai pris contact avec SOS Femmes.
J’ai obtenu mon appartement.
Et je suis partie.
Mais partir ne signifie pas forcément que toutes les émotions disparaissent au moment où l’on ferme la porte.
On peut même culpabiliser d’être parti
Ai-je fait le bon choix ?
Aurais-je dû essayer encore ?
Et les enfants ?
Et l’autre ?
Que va-t-il devenir ?
Est-ce que j’ai détruit quelque chose ?
La culpabilité peut essayer de nous ramener vers ce que nous venons justement de quitter.
C’est là que j’ai dû apprendre à distinguer deux choses.
Faire souffrir quelqu’un par cruauté.
Et prendre une décision qui déplaît ou fait souffrir quelqu’un parce qu’elle est nécessaire pour se protéger.
Ce n’est pas la même chose.
Une personne peut souffrir de notre limite sans que cette limite soit mauvaise.
Se protéger n’est pas faire du mal
Cette phrase m’a demandé du temps.
Lorsque l’on a été habitué à penser d’abord aux autres, se choisir peut ressembler à de l’égoïsme.
Mais si une situation me détruit, partir n’est pas forcément punir l’autre.
C’est parfois simplement arrêter de me sacrifier.
Si quelqu’un dépasse mes limites, les défendre n’est pas une attaque.
Si quelqu’un exerce de la violence, me mettre à l’abri n’est pas une trahison.
Et si une relation ne me convient plus, j’ai aussi le droit de le reconnaître.
Même si l’autre aurait préféré que je reste.
La culpabilité peut rester dans le corps comme une tension
Je l’ai remarqué dans mon propre parcours.
Nous pouvons nous répéter :
« Je n’ai rien fait de mal. »
Et pourtant sentir quelque chose.
Une boule dans le ventre.
Une poitrine serrée.
Une agitation.
Cette envie de revenir en arrière pour faire disparaître l’inconfort.
Les sensations physiques liées à la culpabilité, au stress ou à l’anxiété peuvent être très réelles.
Cela ne signifie pas qu’une émotion serait enfermée dans un endroit précis du corps.
Mais nos émotions ont aussi une dimension corporelle.
Et c’est là que mon rapport au corps a commencé à prendre une place différente.
Comprendre avec la tête ne suffisait pas toujours
J’ai beaucoup réfléchi à mon histoire.
Je me suis remise en question pendant des années.
J’ai essayé de comprendre pourquoi je fonctionnais de telle ou telle manière.
Cela m’a énormément aidée.
Mais parfois, je savais.
Je savais que je n’étais pas responsable.
Je savais que j’avais le droit de dire non.
Je savais que certaines choses appartenaient aux autres.
Et pourtant, quelque chose en moi continuait à réagir.
C’est dans ce sens que je parle aujourd’hui de mémoire du corps.
Pas comme une vérité médicale selon laquelle chaque souvenir serait stocké dans nos muscles.
Mais comme une manière de parler de ces réactions corporelles et émotionnelles que notre histoire peut encore influencer.
Puis j’ai rencontré cet homme
Il pratiquait une méthode ancestrale de massage.
Avant de me la transmettre, il me l’a fait recevoir.
Pour une fois, je pouvais simplement être là.
Sans devoir expliquer.
Sans réparer.
Sans prendre soin de quelqu’un.
Sans me demander si je faisais assez.
Je pouvais recevoir.
Sentir.
Respirer.
Laisser mon corps se relâcher à son rythme.
Cette expérience n’a pas effacé mon passé.
Elle n’a pas fait disparaître magiquement toutes mes culpabilités.
Mais elle a participé à mon cheminement.
Elle m’a permis de donner une place au corps dans une histoire que j’avais longtemps essayé de comprendre essentiellement avec ma tête.
Puis cet homme m’a transmis sa méthode.
Aujourd’hui, j’associe cette méthode à mon magnétisme
C’est ainsi que s’est construite mon approche avec CRYSALYA.
Le massage qui m’a été transmis.
Mon magnétisme.
Mon ressenti.
Et cette recherche d’une harmonie entre le corps et l’esprit.
Parce que parfois, l’esprit a compris que nous n’étions pas responsables.
Mais le corps se tend encore lorsqu’il faut dire non.
Lorsqu’une personne est contrariée.
Lorsqu’il faut prendre une décision pour soi.
Mon approche ne consiste pas à affirmer que je peux supprimer une culpabilité ou traiter les conséquences psychologiques d’un traumatisme par le massage.
Lorsque la souffrance est importante, un accompagnement psychologique ou médical auprès d’un professionnel qualifié peut être nécessaire.
CRYSALYA est une approche corporelle complémentaire, issue de ce que j’ai moi-même reçu et vécu.
Aujourd’hui, j’essaie de me poser une question différente
Avant, la question pouvait être :
« Qu’est-ce que j’ai encore fait de mal ? »
Aujourd’hui, j’essaie plutôt de demander :
« Qu’est-ce qui m’appartient réellement dans cette situation ? »
Parfois, j’ai une responsabilité.
Alors je l’assume.
Je m’excuse si nécessaire.
Je corrige.
Mais parfois, cela ne m’appartient pas.
La colère de l’autre.
Sa déception.
Ses choix.
Ses actes.
Son refus d’accepter ma limite.
Et dans ce cas, je peux essayer de ne plus prendre cette responsabilité simplement parce qu’elle est posée devant moi.
Peut-être que toi aussi tu t’excuses tout le temps
Même lorsque personne ne t’accuse.
Peut-être que tu culpabilises lorsque tu dis non.
Lorsque tu prends du temps pour toi.
Lorsque quelqu’un est déçu.
Lorsque tu quittes une situation qui te fait souffrir.
Peut-être que tu cherches automatiquement ta faute dès qu’un problème apparaît.
Je ne sais pas pourquoi.
Ton histoire n’est pas la mienne.
Mais tu peux peut-être essayer une chose.
La prochaine fois que cette culpabilité arrive, ne lui demande pas immédiatement de disparaître.
Demande-lui simplement :
« De quoi suis-je réellement responsable ici ? »
Pas de quoi ai-je peur d’être responsable.
Pas de quoi l’autre aimerait me rendre responsable.
De quoi suis-je réellement responsable ?
La réponse peut être très différente.
L’enfant que j’étais n’était pas coupable
Elle n’était pas coupable d’avoir été placée.
Elle n’était pas coupable des difficultés des adultes.
Elle n’était pas coupable de l’alcoolisme de mon beau-père.
Elle n’était pas coupable de ses violences.
Elle n’était pas coupable des attouchements qu’elle a subis.
Elle n’avait pas à être plus sage pour empêcher tout cela.
Elle n’avait pas à être différente.
Elle avait besoin d’être protégée.
Cette responsabilité appartenait aux adultes.
Pas à elle.
Aujourd’hui, je peux enfin le dire sans détour.
Je ne veux plus porter les fautes des autres
Cela ne signifie pas refuser les miennes.
Au contraire.
Je veux être capable de regarder ce que je fais réellement.
Reconnaître mes erreurs.
Les réparer.
Mais justement parce que je veux assumer ce qui m’appartient, je ne veux plus tout mélanger.
Ma responsabilité est la mienne.
Celle de l’autre est la sienne.
Et parfois, se reconstruire passe aussi par là :
rendre certaines culpabilités à l’endroit où elles auraient toujours dû rester.
C’est cette culpabilité que je connais profondément
Celle qui fait chercher la faute en soi.
Celle qui fait douter de ses limites.
Celle qui peut nous pousser à donner encore, pardonner encore, supporter encore.
Je ne la connais pas uniquement à travers des livres.
Je l’ai portée.
C’est pour cela que CRYSALYA s’oriente vers les blessures de l’enfance et ce qu’elles peuvent encore faire résonner dans notre vie d’adulte.
À travers la méthode de massage qui m’a été transmise et mon magnétisme, je propose une approche corporelle autour de cette recherche d’harmonie entre le corps et l’esprit.
Je reçois au Poiré-sur-Vie, près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Des personnes peuvent également venir de Montaigu-Vendée, du secteur du Puy du Fou, des Sables-d’Olonne, des communes environnantes ou choisir de se déplacer depuis Nantes lorsqu’elles se reconnaissent dans mon approche.
Je ne sais pas ce que tu as vécu.
Je ne sais pas quelles fautes tu portes peut-être encore alors qu’elles ne t’appartiennent pas.
Je ne sais pas ce que ton corps porte encore aujourd’hui.
Alors viens, et nous verrons cela ensemble.
Sandy — CRYSALYA
Le massage de libération de la mémoire du corps
Le Poiré-sur-Vie — près de La Roche-sur-Yon — Vendée